PHOTOS & PASSIONS

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LA NUEVE (Reconnaissance tardive)

Libération : les républicains espagnols, héros oubliés

 Photo la nueve.jpg

© Éditions Delcourt | La couverture de la bande dessinée "La Nueve" de Paco Roca

Texte par Yann BUXEDA , Stéphanie TROUILLARD

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Au soir du 24 août 1944, les républicains espagnols, membres de la 2e DB, sont les premiers à pénétrer dans Paris.

Dans un roman graphique, le dessinateur Paco Roca rend hommage à l'histoire méconnue de ces soldats de la France libre.

 

 

HOMMAGE D’ANNE HIDALGO MAIRE DE PARIS en 2014

  « Vous êtes arrivés et vous avez fait le parcours, très vite par la Porte d’Italie, vous êtes arrivés sur la place de l’Hôtel de ville. Et les témoignages de l’époque sont très intéressants, les parisiens s’attendaient à trouver des Américains et en fait au pied de l’Hôtel de Ville on parlait espagnol ! Ça a été la fête, vous aviez ouvert la route, les Américains sont arrivés le lendemain, et ça a été une fête immense, même si les combats se sont poursuivis.(…)      « Bien sûr, avant de s’engager, ils ont connu les camps de la France, en France mais aussi en Afrique, dans le Sahara. Mais lorsqu’il leur a été donné la possibilité de repartir au combat contre le fascisme et bien ils sont repartis. Et ils se sont retrouvés à la fois avec le capitaine Dronne et avec le général Leclerc, ils se sont retrouvés derrière ces hommes qui avaient cet idéal républicain et qui le portaient par-dessus tout. Bien sûr tous vous le dites et cher Rafaël vous le dites également, qu’une fois qu’on en aurait fini avec le nazisme, ici et en Europe, on reviendrait en Espagne pour renverser Franco.

    Une mémoire née, comme vous, en terre d’Espagne. Une mémoire née avec une guerre qui a profondément marqué, je le sais, les femmes et les hommes de ma génération.

    Cette Espagne-là, c’est celle que nous célébrons aujourd’hui. Celle des républicains espagnols prêts à donner leur vie, près de leurs foyers ou sur des terres plus lointaines, pour combattre le racisme, la haine et le nazisme. Ce combat, ils l’ont mené fièrement, courageusement, jusqu’aux portes de Paris.

    Cet espoir que vous avez porté, cette force qui est la vôtre, cette force, cette croyance que vous avez eu dans la démocratie, dans la république, dans les valeurs universelles qui nous unissent ; eh bien c’est la plus belle victoire contre tous les fascismes, contre tous les despotes quels qu’ils soient même s’ils sont morts de mort naturelle.

    Cher Rafaël, cher Luis Royo, à tous les combattants de la Nueve, je voudrais vous dire : Vive les combattants de la Nueve, Vive la république, Vive Paris. Merci de nous avoir permis d’être debout, de regarder droit devant nous et de prendre en héritage cette force qui est la vôtre, de la porter. Nous la portons nous aussi avec fierté et avec l’humilité qui est la vôtre, Merci Rafaël, Merci aux hommes de la Nueve ! »

 

 

   HOMMAGE D’HOMMES POLITIQUES FRANÇAIS  

« Le 24 août 1944, il y a 70 ans jour pour jour, résonnait le bourdon de Notre-Dame-de-Paris à l’annonce de l’entrée des premiers Français Libres dans la capitale. Ces Français Libres étaient Espagnols. Ils composaient la Nueve, unité de la 2e Division blindée. La plupart s’étaient réfugiés en France dès 1939 pour poursuivre le combat pour la République et pour des valeurs qu’une dictature militaire avait foulées au pied dans leur pays.

    Le lendemain, le 25 août 1944, Paris retrouvait ses lumières. Les cloches de Buenos Aires, de Santiago et d’ailleurs retentissaient à travers les villes. Leur écho résonnait jusque dans les camps de concentration où la nouvelle, telle une lueur d’espoir, était parvenue aux oreilles de ceux qui l’avaient perdu depuis bien longtemps. La voix de la France se mêlait alors à celle de la Liberté. (…) Kader Arif, ministre des Anciens Combattants.

 

Malgré la volonté d’en finir avec l’occupant des résistants parisiens (intra muraux) rien n’aurait été possible sans l’arrivée de cette colonne Dronne aux accents chantant de l’Espagne :

    « (…) Le 14 juillet 1944, un mois avant l’insurrection, de 100 à 150 000 personnes décidaient de braver l’interdiction de célébrer la Fête Nationale et manifestaient dans les rues de Paris et de la proche banlieue.

    Le 10 août, l’Union des syndicats organisait la grève des cheminots de la Région parisienne. En quelques jours, c’est plus de 50 % des effectifs concernés, de 35 à 40 000 cheminots, qui arrêtèrent de travailler.

    Ainsi, le 15, c’est la Préfecture de Police qui était à son tour touchée par un mouvement de grève massivement suivi. (…)

    Au moment de l’insurrection parisienne, le 19 août, c’est dans les rues du 13e que les barricades furent parmi les plus nombreuses de la Capitale. (…) Toutefois aussi vaillants, aussi courageux fussent-ils, les insurgés ne pouvaient vaincre seuls.

    « C’est enfin et surtout par la porte d’Italie que le premier détachement de la 2e DB, la « colonne Dronne », fit son entrée dans Paris.

    Qui sait que le premier véhicule à atteindre l’Hôtel de Ville, le soir du 24 août, avait été baptisé « Guadalajara » ?

    Qui sait que le premier de ces libérateurs à avoir été reçu par Georges Bidault, le président du Conseil national de la Résistance, s’appelait Amado Granell ?  Mais qui sait que l’unité en question était composée en fait à plus de 90% de républicains, d’anarchistes et d’antifascistes espagnols et qu’elle était surnommée «  la Nueve » ?

Il est temps de révéler aux citoyens d’où venaient ces hommes combattants dans les Forces Françaises :

   

    « J’ai revu, il y a quelques jours, comme beaucoup sans doute, « Paris brûle-t-il ? », le film de René Clément consacré à Libération de Paris, qui par ses multiples diffusions s’impose comme une sorte de récit quasi « officiel » des événements. J’y ai vu Chaban, Rol, Parodi, Pisani, Fabien, Gallois, Leclerc et même Dronne, mais je n’y ai pas vu les combattants espagnols.

    Commémorer, c’est se souvenir ; c’est aussi rétablir les faits, revenir sur certains « oublis » de l’histoire, dire ce qui a été et distinguer ceux qui le méritent.

    Il y a dix ans, pour le 60e anniversaire de la Libération de Paris, la Ville, sous l’impulsion de son Maire, Bertrand Delanoë, a pris l’initiative de rendre hommage à ces soldats espagnols de la 2e DB en posant des plaques sur le parcours suivi par la « colonne Dronne » dans les rues de la Capitale et donc du 13e arrondissement.

    « Parmi ceux qui luttèrent héroïquement contre l’oppression et la barbarie nazie, et ce souvent jusqu’au sacrifice ultime, figurent au premier rang les hommes de « la Nueve  ». Jérôme Coumet



17/08/2015
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